La logique voudrait que, entre la Formule 1, la reine incontestée des monoplaces, et la Formule 3, terrain de jeu des jeunes loups avides de gloire et d’une place dans l’élite, il y ai la Formule 2, sorte d’intermédiaire, l’antichambre, la dernière marche. Et pourtant, tout au long de l’histoire, il n’en n’a pas toujours été ainsi, loin s’en faut. A l’heure où la FIA annonce le changement de nom du GP2 en Formule 2, petit retour sur l’histoire de cette catégorie au passé tumultueux.

Nous sommes en 1947. Dans une volonté d’unifier les règlements et d’apporter un peu de clarté dans le sport automobile, la Commission Sportive Internationale a instauré l’année précédente la catégorie « Formule de course internationale N°1 », la fameuse Formule 1, destinée à se disputer les Grand Prix. Afin d’instaurer une hiérarchie dans les courses de monoplaces, il est alors décidé d’instaurer la Formule 2, qui donne un nom plus officiel à ce que l’on appelait jusque-là les « voiturettes ». En 1950, lors de l’apparition du championnat du monde de Formule 1, la catégorie reine accepte des cylindrées de 4500 cc pour les moteurs atmosphériques et 1500 cc pour les moteurs dotés de compresseurs, la Formule 2, elle, autorise des cylindrées maximales de 2000 cc et 500 cc pour les moteurs suralimentés. Mais en 1952, la défection d’Alfa Romeo du championnat du monde pousse les organisateurs à adopter le règlement technique de la F2 pour la F1. Ce sera encore le cas en 1953.

La Ferrari 500, une Formule 2 qui permit à Ascari de devenir double champion du monde lorsque la F1 suivait le règlement F2

En 1957, de nouvelles règles sont introduites. La catégorie limite désormais la cylindrée à 1500cc, là où sa grande sœur autorise les cylindrées jusqu’à 2500cc. En 1959, l’introduction de la Formule Junior met à mal l’existence même de la Formule 2, qui réapparaît en 1964, lorsqu’il semble évident qu’une seule catégorie de promotion est insuffisante (Formule 2 et 3 retrouvent alors leur raison d’être). Jusqu’en 1966, la catégorie limite les cylindrées à 1 litre.

1967 marque la naissance du championnat d’Europe de Formule 2, et l’arrivée du règlement 1.6 litre. Jacky Ickx remporte la première édition du championnat. Bien que catégorie inférieure, la F2 rencontre un certain succès auprès des pilotes de F1, et sur certains Grand Prix, les F2 sont acceptées pour compléter les grilles de départ. En 1968, le double champion du monde Jim Clark se tue au volant d’une de ses machines à Hockeneim.

March-BMW de Formule 2

Les règles évoluent encore en 1972 avec l’introduction du règlement 2 litres, dont l’idée était de permettre l’introduction de moteurs dérivés de la série. Certains constructeurs utilisent la F2 comme banc d’essai pour leurs moteurs, comme Renault, qui remporte le championnat en 1976 (avec Jean-Pierre Jabouille et un châssis Elf) avec un V6 atmosphérique dont sera dérivé l’année suivante le fameux V6 turbo. Toutefois, les coûts de la catégorie commencent à faire fondre le plateau au début des années 1980, et en 1985, la FIA remplace la F2 par la F3000.

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La F3000 sera l’antichambre de la Formule 1 jusqu’à son remplacement en 2005 par le GP2.

Mais en 2009, la FIA décide de faire renaître la F2 de ses cendres. Au travers de la société MotorSport Vision de Jonathan Palmer, elle organise un championnat « low cost » dont le principe est simple : les monoplaces sont toutes identiques (châssis conçu par Williams, moteur Audi 1.8 L), et pas d’équipes, mais simplement un petit groupe d’ingénieurs alloués à chaque concurrent par les organisateurs. Intéressant et ambitieux, le concept n’est toutefois pas une réussite éclatante : pour disputé qu’il fut durant ses quatre années d’existence, le championnat « FIA Formula Two » ne permit qu’à un seul de ses participants d’accéder à la F1 : Jolyon Palmer, après un long périple en GP2 notamment. La faute à une voiture techniquement plus proche d’une F3 que d’une GP2, et à un plateau au niveau moins reconnu. Plombé dès ses débuts par le décès de Henry Surtees, le championnat finit par disparaître à l’issue d’une saison 2012 dont le champion, Luciano Bacheta, n’est pas parvenu à percer par la suite.

FIA Formula Two

Depuis 2015, la FIA semble souhaiter le retour d’un championnat de F2. L’idée étant, cette fois, de partir d’un championnat existant, la Fédération se tourne d’abord vers les Formula Renault 3.5, en passe d’être lâchées par la firme au losange, mais l’opération ne se fait pas. Et c’est finalement la solution la plus logique qui vient d’être officialisée aujourd’hui : le GP2, qui fait office de Formule 2 depuis sa création (2 champions du monde sortis de ses rangs, 30 pilotes de Formule 1), prendra dès cette année le nom de Formule 2.

Les GP2 series deviendront dès 2017 le nouveau championnat de Formule 2