L'origine de ce moteur remonte à 1961. Produit pour la série, le 4 cylindres en ligne BMW M10 commençait sa belle carrière sous le capot des berlines de la marque bavaroise.

Basé sur le M10 et adapté à la compétition, le M12 est dabord utilisé en F2 et en tourisme, avant que les responsables de BMW motorsport ne décident de le lancer en F1 au début des années 1980.

A cette époque, Renault a commencé à faire son trou avec son V6 turbo. Les débuts timides de 1977 sont oubliés, et Jabouille, Arnoux et Prost commencent à engranger les victoires pour la marque au losange et son concept révolutionnaire. Fin 1981, Ferrari et Hart ont emboité le pas, avec un V6 turbo pour le cheval cabré et un 4 cylindres en ligne pour les britanniques qui équipent Toleman.

Alors que la technologie turbo commence à s'imposer, l'écurie Brabham de Bernie Ecclestone cherche un motoriste qui puisse lui proposer cette technologie. Sacrée au championnat pilote avec Neslon Piquet et le V8 Ford Cosworth, l'équipe se tourne alors vers les bavarois.

Les débuts de l'association ont lieu au GP d'Afrique du Sud 1982. Si les deux voitures abandonnent, Piquet sur accident et Patrese sur casse turbo, les deux pilotes ont prouvé l'efficacité de l'ensemble en signant respectivement le deuxième et le quatrième temps en qualifications. La suite, on la connaît : après une année d'observation, à alterner entre BMW et Cosworth (1 victoire pour le L4 turbo au Canada), Brabham et Piquet renouent avec le titre mondial en 1983. Cette belle réussite est cependant ternie par l'échec de la conquête du titre constructeur et par l'affaire du carburant illégal utilisé par l'écurie britannique. C'est toutefois le premier titre pour un moteur turbo.

brabham_bt52b_2

Les choses se compliquent dès 1984 : McLaren a trouvé avec le V6 TAG-Porsche (sans doute l'objet d'un futur article), la bonne parade. Le début de saison est entaché par la fragilité du bloc BMW, et les deux victoires de Piquet n'y changeront rien. Après un utlime succès en France en 1985, l'association Brabham-Piquet-BMW vole en éclat avec le départ du brésilien chez Williams en 1986. Cette année là, la BT55 est un échec cuisant qui pousse son concepteur, Gordon Murray, à quitter lui aussi l'équipe.

Dès 1984, le moteur BMW commence à équiper d'autre équipes. Arrows, puis Beenetton en 1986 (une victoire au Mexique). En 1987, alors que BMW poursuit son engagement avec Brabham pour une ultime saison, Arrows, via son sponsor USF&G, rebadge son 4 cylindres à l'hélice Megatron (nom d'une filliale d'USF&G). Ligier utilise également ce moteur en 1987. A la suite du retrait total de BMW à la fin de la saison 1987, Megatron équipe encore Arrows en 1988.

39b8eca7e361b9f3efc114237111f2dc

Ligier_1987_35

En 32 Grand Prix disputés, Megatron est monté une fois sur un podium, à Monza en 1988 avec Eddie Cheever. Si Ligier n'a pas su exploiter le potentiel du moteur suisse (nationalité de cette filliale), Arrows a vécu grâce à lui (et à son nouvel ingénieur Ross Brawn) sa meilleure saison en 1988 en finissant 5ème du championnat constructeur et 8ème du championnat pilote avec Derek Warwick. 438 (16)